MÉMO DE LA SEMAINE

Plusieurs stéréotypes à propos du scoutisme sont entendus un peu partout. Toutefois, les scouts savent bien qu’ils ne sont pas nécessairement vrais, ou que la vérité est parfois différente de ce qu’on entend. Voici 10 stéréotypes réfutés et expliqués.

1. Les scouts, c’est juste pour les enfants

Il est vrai que le scoutisme est un mouvement jeunesse. D’ailleurs, plus de 11 700 jeunes de 7 à 25 ans sont membre de l’Association des scouts du Canada (ASC). Il est d’ailleurs possible de continuer son parcours de scout après l’âge de 18 ans, dans les routiers. Les scouts peuvent ainsi avoir jusqu’à 25 ans. Les projets réalisés sont de plus grande envergure et n’ont pas les mêmes objectifs de développement personnel, mais l’esprit scout est toujours aussi présent.

Tous ces jeunes sont entourés par des adultes bénévoles et des gestionnaires, à différents niveaux. Pas moins de 3900 adultes de 18 ans et plus œuvrent à l’ASC pour offrir à tous ces jeunes une expérience extraordinaire. Sans eux, les quelque 11 700 jeunes ne pourraient pas vivre des aventures uniques aussi enrichissantes que celles qu’ils et elles vivent chez les scouts. Bref, il n’y a pas d’âge pour rejoindre le scoutisme !

Certains iront même jusqu’à dire que les scouts, c’est infantilisant. Le scoutisme apportera à l’enfant, à l’adolescent et même à l’adulte une sphère d’apprentissage dénuée de jugement, où chacun progresse à son rythme et selon ses forces et champs d’intérêt. C’est un lieu d’éducation, complémentaire à l’école et à la famille, qui sert d’espace d’expérimentation et de découverte, de développement de l’imagination, tout en permettant à toutes et tous de grandir.

2. Les scouts, c’est religieux

Autrefois, la loi et la promesse scoutes avaient généralement une dimension religieuse ou spirituelle unique. Depuis, le scoutisme s’est peu à peu séparé de la religion catholique pour offrir un environnement plus ouvert et accessible à tous et toutes. Le scoutisme se veut inclusif et ouvert à toutes les croyances.

Bien que certains textes ou symboles plus traditionnels aient encore leur côté religieux, il est toujours possible de les modifier ou de les adapter pour que chacun et chacune, peu importe la religion, puisse s’y identifier. Le développement de la spiritualité, quelle qu’elle soit, fait partie des objectifs éducatifs de l’ASC.

L’article 1 de la Constitution de l’Organisation Mondiale du Mouvement Scout (OMMS) définit le Mouvement scout comme : « un mouvement éducatif pour les jeunes, fondé sur le volontariat ; c’est un mouvement à caractère non politique, ouvert à tous sans distinction de genre, d’origine, de race ni de croyance, conformément au but, principes et méthode tels qu’ils ont été conçus par le Fondateur […]. ».

Et le saviez-vous ? En 2020, l’Association des Scouts du Canada s’est dotée d’une politique sur la diversité et l’inclusion.

3. Les scouts, c’est faire des nœuds et chanter des chansons

Faire des nœuds et chanter des chansons font en effet partie d’une multitude d’activités que font les scouts. Mais il y a bien plus !

Plusieurs techniques sont enseignées chez les scouts, pas seulement les nœuds. Ces techniques, en plus d’apporter des connaissances aux jeunes et aux moins jeunes, favorisent le développement de la débrouillardise et de l’autonomie. Faire des nœuds ne fait pas partie des buts du scoutisme et personne ne s’attend à ce que chaque scout soit expert en nœuds, mais c’est une habileté qui peut être utile pendant d’autres activités de plein air.

Les scouts chantent des chansons, car c’est rassembleur et plaisant. L’effet de groupe dans une unité est très important : chacun est égal aux autres, utile et unique. Chanter tous ensemble, autour du feu de camp ou lors d’un déplacement, amène une ambiance heureuse et détendue.

Le scoutisme, en tant que loisir éducatif, permet aux jeunes d’acquérir des connaissances, des compétences et des attitudes par l’expérimentation.

4. Les scouts, c’est démodé

Au contraire ! Le scoutisme est plus que jamais d’actualité, par sa défense de valeurs telles que la solidarité, l’égalité et la protection de l’environnement. Les scouts ont su, au fil du temps, s’adapter et évoluer en cohésion avec les sociétés. Les méthodes éducatives utilisées aujourd’hui par les adultes bénévoles sont constamment révisées afin d’être au goût du jour et adaptées aux jeunes d’aujourd’hui.

Le côté démodé vient de la caricature du scoutisme qui se base sur des éléments universels pour les scouts, tels que le salut, le foulard, la promesse et plusieurs autres. Ces pratiques ont également été améliorées avec le temps, mais restent tout de même enracinées dans des traditions plus que centenaires. Ces quelques éléments marquent un sentiment d’appartenance, un point d’ancrage, envers un des plus importants mouvements jeunesse mondiaux.

5. Les scouts, c’est militaire

Le scoutisme n’a rien à voir avec le monde militaire ni les cadets : il s’apparente plus à un loisir éducatif. Le fondateur du scoutisme, Baden-Powell, a fait sa carrière en tant que militaire. De ses dires, à la fin de sa carrière, il se mit à l’œuvre pour « transformer ce qui était un art d’apprendre aux hommes à faire la guerre, en un art d’apprendre aux jeunes à faire la paix ».

Le monde militaire est lié au gouvernement fédéral. Sa mission est principalement de se porter à la défense du pays et de ses intérêts. Le scoutisme, pour sa part, est un organisme à but non lucratif (OBNL) dont le but est de créer un monde meilleur par le développement de la personne. Le scoutisme est indépendant du gouvernement et accompagne chaque individu dans un développement personnel.

6. Les scouts, c’est pour les garçons

Les filles, autant que les garçons, ont leur place dans le scoutisme. Celui-ci est fondé sur des valeurs d’acceptation, d’égalité, de diversité et d’inclusion. Chacun est unique et peut apporter des forces différentes aux autres qui l’entourent. Pour ceux et celles qui pensent qu’une fille ne peut pas être aussi bonne qu’un garçon chez les scouts, rappelez-vous que tout ce qu’un garçon peut faire, une fille peut le faire aussi, parfois même mieux.

L’ASC ne fait pas de distinction entre les sexes. Les garçons et les filles se côtoient au sein des groupes et des unités. Pour les jeunes inscrits, l’ASC compte environ 40 % de filles pour 60 % de garçons. En ce qui a trait aux adultes qui entourent tous ces jeunes, c’est presque la parité, mais les femmes restent plus nombreuses que les hommes.

La mixité du scoutisme apprend à chacun et chacune le vivre ensemble, ce qui favorise l’acceptation d’autrui et la capacité de collaborer avec des personnes différentes de soi-même.

7. Les scouts, c’est « téteux »

L’image du petit scout, la chemise dans ses culottes courtes, qui aide une personne âgée à traverser la rue pour obtenir un badge en guise de récompense, est absolument fausse !

À travers les pédagogies scoutes, qui diffèrent selon les âges, il y a des constantes : l’enseignement de bonnes valeurs en fait partie. La franchise, l’humilité, la modestie, la débrouillardise et la solidarité ne sont que quelques-unes d’entre elles.

Les scouts ont pour défi de faire une bonne action (BA) chaque jour, mais ce n’est pas dans le but de recevoir de la reconnaissance ou des badges. La BA va être faite dans un objectif de faire plaisir à quelqu’un chaque jour. Elle ne doit pas avoir été demandée et ne doit pas amener une récompense à celui ou celle qui la fait. La recherche de reconnaissance ou de récompense ne doit pas guider les actions faites par les scouts. Un climat de bienveillance doit régner chaque fois que les jeunes scouts s’impliquent dans leur communauté.

8. Les scouts portent toujours un uniforme

L’uniforme scout est différent selon chaque association scoute. À l’ASC, la chemise est le seul item, outre le foulard, qui doit être porté par les scouts de tout âge. Au Canada, aucun chapeau, ni jupe ni quelconque veste de badges ne fait partie de l’uniforme.

Sauf que la chemise n’est pas portée en tout temps. Elle est normalement portée lors des réunions hebdomadaires, mais sinon, c’est à la discrétion des animateurs et animatrices d’indiquer le port de l’uniforme complet. Habituellement, la chemise sera portée lors de cérémonies officielles, à l’ouverture et à la fermeture d’un camp, et à certaines activités de financement. Sinon, pendant les camps ou les activités, seul le foulard est généralement porté. En dehors des moments passés aux scouts, personne ne porte sa chemise ou son foulard.

En ce qui a trait au foulard, il est le symbole de l’appartenance au mouvement scout. Chaque scout le porte fièrement comme ses confrères et consœurs de son pays et des autres organisations scoutes partout dans le monde.

9. Les scouts sont toujours dans la forêt

« Le scoutisme n’a aucune frontière, qu’elle soit géographique, humaine, religieuse ou temporelle » (Scouts et Guides de France).

La forêt est bien entendu un terrain de jeu regorgeant d’opportunités pour les scouts, que ce soit pour l’apprentissage de techniques ou de connaissances en lien avec la nature, ou encore pour rendre des jeux et des activités encore plus épiques !

Mais n’importe quel terrain ou lieu convient au scoutisme : la ville, la forêt, la montagne, la plage, la mer, et plus encore. Les scouts utilisent leur environnement à leur avantage, tout en veillant à la protéger pour que son prochain puisse également en profiter. Souvent, la forêt sera un lieu de prédilection pour les camps, car elle offre un environnement propice pour les activités et les apprentissages, en plus d’offrir une liberté qui n’a comme limite que l’imagination !

10. Chez les scouts, les jeunes ne sont pas en sécurité

La sécurité des jeunes est la priorité chez les scouts. Tous les adultes impliqués à l’ASC doivent systématiquement suivre la formation Priorité jeunesse, conçue par le centre canadien de protection de l’enfance, en plus de signer un code de comportement strict, le tout dans le but d’offrir un environnement sécuritaire aux jeunes. Des vérifications d’antécédents judiciaires sont également faites chez tous les membres de 18 ans et plus, et elles doivent être remises à jour aux trois ans. L’ASC met en place des mesures coercitives pour permettre aux jeunes de se développer dans un environnement sécuritaire.

Les pratiques faites par l’ASC vont encore plus loin que celles de l’Organisation mondiale du mouvement scout (OMMS). La formation À l’abri du danger (Safe From Harm) de l’OMMS est une base à avoir pour le scoutisme international, mais les organisations nationales sont habituellement plus strictes dans leurs règlements.

Source : Association des scouts du Canada

Mémo scout écrit par :

Komod

Animateur Unité Castor, Directeur d'événement Défi Grand Prix, Adjoint aux communications

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